28 février 2008
Livre-voyageur
EDIT du 25 mars : l'ordre des escales change pour permettre une remise en mains propres entre les blogueuses parisiennes.
Je propose de faire de La maison en papier un livre-voyageur.
Si vous souhaitez que ce livre passe par chez vous, contactez-moi par email en me communiquant votre adresse postale ainsi que votre pseudo.

ATTENTION, quelques règles s'imposent :
1) Pour pouvoir vous inscrire, vous devez tenir de façon régulière un blog consacré (au moins en partie) à la lecture.
2) Lorsque vous recevez le livre, merci d'en informer par email l'expéditeur ainsi que moi-même ; idem lorsque vous le réexpédiez, pensez à m'en informer.
3) Vous pouvez, si vous le souhaitez, écrire un mot sur vos impressions à l'intérieur du livre sur les pages de garde.
1ère escale : Clochette
2ème escale : Fashion (qui a peur de manquer de lectures ! ;-) )
3ème escale : Caro[line]
4ème escale : Emeraude
5ème escale : Loutarwen
6ème escale : Goelen
7ème escale : Florinette
8ème escale : Katell
9ème escale : Aelys
10ème escale : Praline
11ème escale : Doriane
26 février 2008
La maison en papier (Carlos Maria Dominguez)
Ce court roman, construit comme une nouvelle, est une jolie découverte. Depuis le temps que j'en entendais parler...
La thématique m'avait attirée, et l'intrigue m'a séduite.
J'ai regretté de ne pas connaître la plupart des oeuvres citées par l'auteur, qui doivent certainement donner encore plus de poids à l'histoire, surtout La ligne d'ombre de Joseph Conrad, le livre-clé du récit, qui, si j'en ai deviné le thème, m'est totalement inconnu (si une bonne âme pouvait me dire en quelques mots de quoi il s'agit....).
Pour le résumé de l'histoire, je vous renvoie au site des éditions du Seuil (taper La maison en papier dans l'espace de recherche, en haut à gauche).
Une histoire sur l'amour des livres et surtout leur pouvoir, entre réalité et fantastique. L'intensité monte au fil des pages, et finalement, l'auteur parvient à nous captiver en suggérant uniquement ce qui se passe et sans jamais vraiment le dévoiler.
L'écriture est subtile, dosée, ça pourrait être un scénario de film à la Hitchcock...
Le personnage principal est attachant, sa névrose fascinante !
La fin est très intéressante, simplement un mystère plane toujours pour moi, à savoir les circonstances de la mort de Bluma Lennon (là encore, si quelqu'un peut m'expliquer, parce que je suis un peu frustrée....) : sa mort a-t-elle une explication dans l'histoire ou bien fait-elle simplement partie de l'environnement fantastique, et justement inexpliqué ? Y a-t-il un rapport avec sa propre dédicace faite à Brauer dans le livre ?
Amis lecteurs, je vous invite à découvrir ce livre, mais soyez vigilants, sait-on jamais !
Les avis de Dda (la première à m'avoir donné envie de le lire), de Flo et de Clarabel.
Seuil - 108 pages
23 février 2008
Le lion (Joseph Kessel)

Attention, chef d'oeuvre !
Lu il y a bien longtemps, cette histoire a sombré dans le flou de ma mémoire au fil des ans, mais ce qui est resté, c'est cette atmosphère incroyable qui règne dans Le lion. Plus de quinze ans après, la magie a de nouveau opéré, et je me suis replongée avec une envie dévorante dans ce récit qui m'a transportée, comme la première fois.
Je n'ai pas envie de vous faire un résumé de l'histoire, c'est tellement grisant de découvrir un livre, d'avoir la surprise.
Simplement vous dire que si vous aimez l'Afrique et ses animaux sauvages, ce livre est fait pour vous. Et si vous n'êtes pas tentés, faites malgré tout un essai, vous changerez peut-être probablement d'avis !
D'abord, il y a la langue de Joseph Kessel. Admirable. Sous sa plume, les descriptions ne sont plus de simples descriptions, les personnages et les paysages prennent vie. En quelques lignes à peine, on est parachuté dans une réserve africaine. La poussière se soulève, le soleil nous brûle la peau, le souffle d'air est chaud. Les animaux s'abreuvent juste devant nous ; on voit passer les rhinocéros, les éléphants, les zèbres...
Et puis il y a Patricia, cette fillette aussi fascinante que désarmante. Dans sa vie, il y a King, le lion.
A la base de cette histoire, la relation entre un enfant et un animal sauvage. Soit. Rien d'extraordinaire. Et bien si ! Ce qui aurait pu sombrer dans la banalité est ici littéralement transcendé. La force de cette lecture, comme beaucoup de grandes oeuvres, c'est qu'elle peut se faire à plusieurs niveaux (je l'ai d'ailleurs lu dans une édition pour la jeunesse). Et lors de cette relecture, j'ai, avec mes yeux d'adulte, perçu les choses sous un autre angle, pourtant toujours embarquée par ce magnifique récit.
Vous l'aurez compris, c'est un véritable coup de coeur.
Merci, Monsieur Kessel.
Un extrait :
"Il y avait cette démarche princière, paresseuse et cependant ailée, cette façon superbe de porter la tête et la lance et le morceau d'étoffe qui, jeté sur une épaule, drapait et dénudait le corps à la fois. Il y avait cette beauté mystérieuse des hommes noirs venus du Nil en des temps et par des chemins inconnus. Il y avait dans les mouvements et les traits cette bravoure insensée, inspirée. Et surtout, cette liberté orgueilleuse, absolue, indicible d'un peuple qui n'envie rien ni personne parce que les solitudes hérissées de rondes, un bétail misérable et les armes primitives qu'il façonne dans le métal tiré du lit sec des rivières comblent tous ses soins et qu'il est assez fier pour ne point laisser sur la terre des hommes ni maison ni tombeau."
Gallimard (collection Folio junior) - 248 pages
20 février 2008
La douceur des hommes (Simonetta Greggio)
Deux femmes. L'une au crépuscule de la vie, l'autre au milieu de la sienne, jusque-là sans réelle consistance. Un voyage, des confidences, un retour en arrière sur la vie de Fosca, épicurienne de l'amour. En toile de fond, Venise, l'Italie, des hôtels, des restaurants, du bon vin. Les plaisirs de la vie.
Je dois dire que j'ai mis du temps à accrocher à cette lecture dont j'ai trouvé le texte inégal jusqu'à la bonne moitié du livre. Certains passages sont superbement écrits, les mots glissent, chantent une douce mélodie mélancolique. A d'autres moments, je n'entrais plus dans la lecture, je restais en dehors. Et puis petit-à-petit, j'ai investi cette atmosphère, me suis laissée porter par la conversation entre Constance et Fosca. J'ai particulièrement aimé les passages "tristes", les départs, racontés avec une pudeur tout en force et en émotion. J'ai apprécié la fin, à laquelle je ne m'attendais pas, une fin qui donne un sens à l'ensemble.
Une jolie lecture qui m'a fait penser par moments à L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson.
Merci à Stéphanie d'en avoir fait un livre-voyageur ! Son avis est ici.
Les avis de Clarabel, Florinette, Caro[line].
Stock (collection Le livre de poche) - 153 pages
18 février 2008
Tempête sur Ouessant (Michel Hérubel)
Lors d'un séjour en Bretagne, au détour d'une promenade, je m'étais arrêtée dans une librairie et j'y avais acheté ce livre, attirée par son titre évocateur (j'ai passé plusieurs fois des vacances sur cette île superbe). Ledit livre était resté depuis lors sagement rangé sur une étagère, et ce n'est que récemment que je me suis décidée à le lire.
Tempête sur Ouessant m'a laissé perplexe. D'abord quant au genre littéraire auquel il appartient... difficile à définir ! Censé être un roman policier, il ne l'est pas vraiment me semble-t-il. C'est comme si l'intrigue et sa résolution étaient davantage des prétextes à cette histoire. Les éléments de l'enquête sont peau de chagrin, l'auteur préfère s'attarder (et il le fait fort bien, ma foi) sur la description de la vie des personnages et sur l'univers des sous-mariniers. L'atmosphère est particulière, les personnages atypiques, bref il y a dans ce roman tous les éléments pour en faire une histoire attrayante... seulement voilà, il y a cette histoire de meurtre au milieu qui tombe comme un cheveu sur la soupe, qui semble complètement décrochée du reste, et que l'auteur ne parvient pas à rattacher à l'ensemble. Jusqu'au bout je me suis demandée pourquoi il avait voulu à tout prix bâtir son histoire autour d'une intrigue policière, et je dois dire (bien qu'étant novice en la matière) que le résultat est loin d'être réussi. C'est dommage, il y avait quelque chose de fort dans ce roman, à creuser, mais pas dans cette direction.
Presses de la cité (collection Pocket) - 249 pages
16 février 2008
Une plume... Roxane Marie Galliez
Roxane Marie Galliez, auteur pour la jeunesse, a une plume enchanteresse.
Elle a eu la gentillesse de répondre à mes questions et je la remercie chaleureusement d'avoir pris du temps pour le faire.
Voici ses réponses, emplies de poésie.
Avec quoi écrivez-vous ?
Je commence toujours par le papier. J'ai sur moi des petits calepins pour noter des idées, des impressions, des mots, mais quand je me mets à une histoire, je prends une grande feuille blanche, et j'y inscris des tas de notes, des mots, des recherches en bibliothèques, des citations, des idées... Le tout est classé dans une grande pochette pour chaque histoire.
Ensuite je commence une trame, des phrases, cela se dessine peu à peu.
Si c'est un texte court (comme Chuuuttt ou Le poids d'un chagrin par exemple), je continue sur le papier. Si c'est un texte plus long, voire un roman, je prends l'ordinateur pour ne rien perdre. Puis j'imprime, je corrige sur la feuille, je retape à l'ordinateur... Et je m'enregistre pour entendre le rythme des mots, des phrases.J'écoute. Puis le texte repose, comme une pâte à pain, et je le reprends plus tard. Je recommence. Il me faut du temps.
Quand écrivez-vous ?
Il y a des jours, voire des semaines sans écriture papier. Il n'y a alors que l'écriture pensée. Les idées sont comme une pelote, l'histoire se forme peu à peu comme un cocon, et il faut attendre de trouver le fil à attraper pour dérouler doucement sans casser. Parfois aussi, il n'y a rien, pas d'écriture pensée. Le vide, le doute, le gouffre. Il faut attendre encore. L'écriture c'est la maturation finalement. Accepter le silence et se remplir à nouveau de mots, de sens, par des rencontres, des images, des sorties, des musées, et surtout d'autres mots. Rien ne donne plus envie d'écrire peut-être que la lecture d'un beau texte, d'une phrase entendue, une musique, une peinture...
Comment écrivez-vous ?
J'écris n'importe où, n'importe quand mais chez moi le plus souvent, ou dans un train, un hôtel, en espace clos généralement ou alors il faut que je m'isole pour ne pas entendre le monde autour afin dêtre dans un autre univers. Si je suis dehors, je n'arrive pas à me concentrer : je regarde le ciel, et puis j'entends un cricri d'insecte, je cherche où il est, je m'évade, impossible de me "discipliner".
Surtout, j'aime le silence, je coupe le téléphone, je ferme la porte. Je peux mettre une musique en boucle si c'est elle qui m'inspire, sinon j'ai la musique en tête et elle devient la partition. Je ne peux vivre sans musique, elle est à la base de tout, elle embellit, et donne un sens à tout.
Quand l'écriture nous porte, il faut prolonger le moment comme un funambule, si je m'arrête pour autre chose, je tombe et il faut tout recommencer...
Roxane Marie Galliez
Son site
Son blog
J'ai parlé d'elle : Le murmure des Dieux, Donne-moi la lune
14 février 2008
Le bal du comte d'Orgel (Raymond Radiguet)
Si cet ouvrage a pris place dans ma liste pour le challenge ABC, c'est parce que j'avais lu plus jeune Le diable au corps du même auteur qui m'avait énormément plu.
J'espérais retrouver une atmosphère semblable. Malheureusement, cela n'a pas été le cas. L'écriture est remarquable, parfois belle ; la façon de traiter cette histoire d'amour est originale, à l'image des personnages qui la composent. Seulement je ne me suis pas laissée embarquer. Dès le début, j'ai peiné avec la généalogie de la famille de l'héroïne. Puis je suis entrée dans le vif de l'histoire... mais je ne parvenais pas à m'y intéresser. Jusqu'à la bonne moitié du volume, je me disais tout en lisant qu'il fallait que l'histoire s'installe, et que, bientôt, elle allait me rattraper. Cela ne s'est jamais produit. Jusqu'à la toute dernière ligne, j'ai, malgré moi, gardé une distance et ne suis jamais parvenue à entrer véritablement dans ce livre. Une déception. Il faudrait maintenant que je relise Le diable au corps pour vérifier si il produit toujours sur moi le même effet...
Grasset (collection Le livre de poche) - 187 pages
13 février 2008
Swap Noir c'est Noir
Hier, un homme sonne à ma porte. J'ouvre, il me remet un colis jaune et repart.
J'ouvre le mystérieux paquet ; le ton est donné : à l'intérieur, un message énigmatique :
Noir c'est noir
Avertissement : à consommer sans modération !
Que voilà un message sympathique ! Sans aucun doute, mon expéditeur est gourmand !
Je vide le carton de son contenu et j'expose mes trouvailles sur une table.

Le voile se lève, j'aperçois des marque-pages, une carte et des brochures sur les livres. Le reste est toujours emballé, pour mieux attiser ma curiosité.
Je découvre alors les paquets de leurs brillants habits, et voici ce qui apparaît sous mes yeux :

Une carte avec un petit ourson tout-à-fait craquant (mon expéditeur a gardé un pied dans l'enfance), des marque-pages sur le thème du polar, évidemment (mon expéditeur a le souci du détail) !
Un paquet de cacao (je ne bois pas de café), une tablette de chocolat lait-noisettes, et un sachet de petites amandes "coco-yaourt" (mon expéditeur est sensible à la cause écologique, toutes ces friandises étant marquées du label "bio").
Deux ouvrages : A la vue, à la mort de Françoise Guérin (que je voulais découvrir depuis longtemps) et Le gardien du feu d'Anatole Le Braz (j'avais mentionné dans le questionnaire que je souhaitais découvrir les polars bretons).
Des catalogues (pour me donner encore plus d'envies de lectures si c'est encore possible !), un extrait d'un ouvrage de la collection 10/18 Grand détectives , et une brochure sur la collection 10/18 (mon expéditeur doit être proche du monde des librairies, y travaille-t-il ?).
Je remercie donc publiquement Odile qui n'a pas de blog : MERCI ODILE !
Et une salve d'applaudissements pour les organisatrices hors pair, j'ai nommé : Fashion et Stéphanie !
12 février 2008
Petit poisson blanc (Guido Van Genechten)

J'avais eu un vrai coup de coeur en offrant ce livre à mon fils. Je cherchais à l'époque des albums pouvant résister à de petites mains peu délicates et celui-ci m'avait sauté aux yeux. Je trouvais (et je trouve encore !) qu'il sortait du lot des albums pour tout-petits. Les dessins sont vraiment superbes.
Petit poisson blanc cherche sa maman perdue dans la faune marine. Les rencontres vont se succéder jusqu'aux retrouvailles finales. C'est un album idéal pour les jeunes enfants : une structure de texte répétitive, des dessins aux couleurs vives, un format ni trop petit ni trop grand et solide avec ses pages cartonnées.
La lecture de cette histoire permet en outre de travailler sur le thème des couleurs ainsi que sur la mémorisation de l'histoire (Petit poisson blanc et sa maman ont le dos "arc-en-ciel", chaque couleur reprenant celle d'un animal rencontré dans l'histoire). Un support donc très intéressant à la maison en famille, ou en classe avec une toute petite section ou une petite section de maternelle.
Mijade (collection Petit train)
10 février 2008
Un mois... un auteur... Joseph Kessel
Ce mois-ci, j'ai décidé de fêter le romancier Joseph Kessel.
La lecture de Le lion à l'adolescence m'avait beaucoup marquée et j'ai toujours pensé qu'un jour ou l'autre, je relirais cet ouvrage, et que je m'intéresserais au reste de son oeuvre immense. Je ne connaissais rien de la vie de l'auteur, et la rédaction de ce billet m'a procuré autant de plaisir que de savoir.
Biographie
Joseph Kessel est né le 10 février 1898 à Clara en Argentine, de parents russes.
Ballotté entre l'Argentine et la Russie les premières années de sa vie , il se fixe finalement en France où ses parents se sont installlés.
Après des études de lettres, il entame, à dix-sept ans à peine, une carrière de journaliste qu'il interrompra prématurément pour s'engager dans l'aviation lors de la première guerre mondiale.
A l'issue du conflit, il demande la nationalité française et reprend le journalisme. Par la suite il devient reporter (ce qui l'amènera sur différents fronts dans le monde) et débute, en parallèle, sa carrière d'écrivain.
Il prend part à la guerre d'Espagne, puis devient correspondant de guerre lors de la seconde guerre mondiale. Il participe activement à la résistance dont il écrit, avec son neveu Maurice Druon, l'hymne, le Chant des partisans.
La guerre finie, il reprend son activité de reporter et continue de parcourir la planète.
En 1962 il entre à l'académie française.
Il meurt d'une crise cardiaque le 23 juillet 1979.
Homme d'action, grand voyageur, reporter et écrivain, Joseph Kessel a eu une vie bien remplie. Son oeuvre - un peu plus de 80 ouvrages - est largement inspirée par sa carrière, à mi-chemin entre reportages et romans.
Bibliographie
Quelques titres célèbres...
- L'équipage (1923)
- Bas-fonds (1932)
- Nuits de Montmartre (1932)
- Mermoz (1939)
- Le lion (1958)
- Les cavaliers (1967)
- Les temps sauvages (1975)
Sources :
Club des rats de biblio-net
Evene
Wikipédia
