31 mars 2008
Les quais du polar
Samedi dernier, j'ai passé une bonne partie de la journée aux Quais du polar 2008, quatrième édition d'un festival qui se tient sur Lyon et se propose de célébrer le noir sous toutes ses formes.

Pour ma part, je me suis intéressée exclusivement à la littérature puisqu'il fallait faire des choix liés à la contrainte temps. La librairie du polar accueillait une cinquantaine d'auteurs de différents pays d'Europe et des Etats-Unis.
J'y ai fait de belles rencontres...
Tonino Benacquista est le premier auteur vers lequel je me suis dirigée. J'avais repéré qu'Allie affectionnait particulièrement cet auteur, et comme semble-t-il, nous avons des goûts similaires en lecture, j'ai eu envie de découvrir ce monsieur du polar. Il m'a conseillé de faire un premier essai avec Malavita. J'ai vu sur le stand qu'il écrivait également des scénarios de BD...
Romain Sardou étant le voisin de Tonino Benacquista, je suis donc allée en suivant me faire dédicacer Une seconde
avant Noël. Pour ceux qui s'en font la remarque, ça n'a effectivement rien à voir avec un polar, mais cela faisait un moment que j'ai envie de le lire, alors c'était l'occasion de l'acheter (tous les alibis sont bons !). Ce jeune homme (après tout il n'a que deux ans de plus que moi !) a un visage et un regard qui respirent la bonté.
La pause déjeuner est arrivée, et je suis allée m'aérer un peu sur les bords de Saône, et lorsque je suis revenue, horreur, le salon était plein à craquer ! J'ai enfin pu faire la connaissance de la célèbre lyonnaise
Françoise Guérin, pour mon plus grand plaisir. Comme une andouille (qui a dit de Guéméné ?!) que je suis, j'avais oublié chez moi mon exemplaire de A la vue, à la mort que je voulais lui faire dédicacer (et dont je vous parlerai très bientôt), mais je me suis rattrapée en lui en achetant deux autres pour faire des cadeaux-surprises. Et je suis également repartie avec Mot compte double, son recueil de nouvelles. Françoise est absolument charmante, et j'ai passé un agréable moment en sa compagnie, dans la joie et la bonne humeur, et bien entourée, puisqu'elle attirait (presque) autant de lecteurs qu'Arnaldur Indridason en personne !
Le polar islandais a eu tant de succès, que pendant plus d'une heure, il y avait devant l'auteur une queue de
plusieurs dizaine de personnes qui ne décroissait pas. N'étant pas d'humeur à faire le pied de grue, j'ai donc décicé que je ferais l'impasse. Mais, en fin d'après-midi, la chance m'a souri et j'ai pu profiter d'un moment de moindre affluence pour aller me faire dédicacer le premier tome des enquêtes du commissaire Erlendur, La cité des Jarres (n'en ayant lu aucun, il faut bien commencer par le premier !). J'ai bien pensé à Tamara lorsque je me suis trouvée face au monsieur, et j'ai dû lui épeler mon prénom, qui visiblement, sonnait aussi exotique à ses oreilles qu'Arnaldur aux miennes (au passage, j'adore ces prénoms du nord !).
Bretagne oblige, il me fallait ensuite rencontrer Caryl Férey et son célèbre Haka. J'ai particulièrement aimé son contact, et sa façon de répondre à mes questions, avec beaucoup de douceur et de gentillesse. Il a un magnifique regard et je trouve son prénom tout aussi magnifique ! Bref, j'ai été conquise par l'auteur, j'espère que je le serai autant par son livre !
Lors du swap Noir c'est Noir, Odile, la personne qui me gâtait, avait joint à son colis un extrait du Peuple du
vent, premier tome de L'épopée des normands de Sicile de Viviane Moore. La vingtaine de pages de cet extrait m'ayant enthousiasmée, j'avais noté ce titre. Ce festival du polar était l'occasion d'aller à la rencontre de l'auteur et je ne m'en suis pas privée ! J'ai été fascinée par ses yeux immenses, et j'ai trouvé l'auteur adorable. Au passage, j'ai appris que le 5ème tome de la série allait sortir d'ici la fin de l'année, et donc je ne tarderai pas à lire les quatre premiers si la lecture intégrale du premier me confirme dans ma première impression.
Un détour du côté des auteurs de jeunesse dont j'ai regretté qu'ils soient si peu nombreux... Je voulais rapporter un album à mon petit matelot, et j'ai choisi Fabien le maître des nuages de Jack Chaboud (encore un auteur lyonnais !). Le monsieur est absolument charmant, il prend tout son temps pour faire ses dédicaces et y met du coeur. Du coup j'ai eu envie de découvrir ses romans pour adultes et mon choix s'est porté sur L'ombre de Guignol, dont l'éditeur est également lyonnais.
L'album que j'ai choisi, est, quant à lui, est destiné à des enfants plus grands que mon fils donc je le lui réserve pour quand il sera plus grand.
J'avais repéré chez Laure des Jardins d'Hélène une critique élogieuse de Garden of Love, et je suis donc allée à la rencontre de l'auteur, Marcus Malte, qui est fort sympathique. Après m'avoir dit qu'il ne fallait pas se fier aux avis positifs des gens, il m'a quand-même dédicacé son ouvrage à la superbe couverture (Editions Zulma).
Et pour finir, le coin BD où je suis allée à la rencontre de Guillaume Martinez (lyonnais !) et de son album Et pourquoi pas l'enfer... premier volet de la série Le monde de Lucie (le second doit sortir bientôt). Et là, j'ai pris un immense plaisir à le regarder faire ma dédicace. Mon niveau de dessin étant proche de celui d'un enfant de 5 ans, je suis toujours émerveillée par ceux et celles qui ont le pouvoir de faire vivre des traits de crayon et de les transformer en personnages. Guillaume Martinez est quelqu'un de tranquille et détendu ; nous avons bavardé un peu pendant qu'il dessinait, et j'ai ainsi appris que ses dessins avaient été publiés pour la première fois alors qu'il n'avait que 12 ans !! Je suis curieuse de découvrir son album, le style graphique m'a vraiment accrochée.
Allez, pour le plaisir, voici ma dédicace :

J'aurais voulu voir également Gyles Brandreth pour lui prendre Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, mais il y avait en permanence foule autour de lui, et lorsque je suis revenue vers son stand il était parti ! Snif ! J'ai néanmoins suivi quelques conversations entre lui et des lecteurs, et le bonhomme est totalement délirant !
Ah, j'ai oublié de vous dire que j'avais assisté à une lecture d'un extrait du Chien des Baskerville de Sir Arthur Conan Doyle, faite par un acteur de théâtre et de cinéma, Bertrand Suarez-Pazos. Il était là pour la promotion du livre audio adapté de l'oeuvre originale et édité par Gallimard Jeunesse. Sa diction est vraiment géniale, j'aimerais beaucoup le voir sur scène. Il arrive à incarner les différents personnages du récit en adoptant à chaque fois des voix différentes, et il vit l'histoire tout en la lisant, complètement pénétré par son atmosphère.
Voilà ! Un excellente journée, où, malgré le bruit et la foule, j'ai pu vivre des moment forts ! Et maintenant, il me reste de belles heures de lecture en perpective !
29 mars 2008
Contes et nouvelles (Oscar Wilde)
Il n'est pas trop tard pour honorer St Patrick, patron des irlandais...

J'ai eu envie de relire des écrits d'Oscar Wilde, et je me suis donc replongée dans un volume qui rassemble plusieurs des contes et nouvelles de l'auteur. Mais l'ouvrage ayant bien vécu et se trouvant dans un piteux état, toutes les pages ont commencé à se détacher, et j'ai donc décidé de le remplacer et de m'offrir un volume qui regroupe, semble-t-il, la quasi totalité de l'oeuvre d'Oscar Wilde.
Dans ce beau volume tout neuf, j'ai (re)lu :
Le spectre des Canterville
Cette nouvelle (ou conte) fantastique d'une quarantaine de pages est sous-titrée Fantaisie hylo-idéaliste (l'hylo-idéalisme, est, si j'ai bien compris, une doctrine philosophique qui soutient que la réalité réside dans l'objet de la croyance en tant que tel ; autrement dit, si on croit en une chose, c'est qu'elle existe).
Une riche famille américaine (les Otis) fait l'acquisition d'une propriété anglaise appartenant à Lord Canterville. Au moment de la vente, ce dernier, contre toute attente, met en garde les acquéreurs : un revenant hante la demeure ! Mais il en faut davantage pour impressionner des américains matérialistes...
Les Otis s'installent donc dans leur nouveau domicile et font connaissance avec le fameux fantôme qui va vite se mordre les doigts d'avoir tenté de les effrayer !
Une histoire désopilante, qui, derrière des farces bon enfant se veut une critique de deux sociétés opposées. Une société britannique conservatrice qui s'appuie sur des valeurs ancestrales d'une part, une société américaine moderne basée sur le matérialisme d'autre part. De la rencontre de ces deux cultures, il résulte un humour grinçant, mais pas acerbe. Finalement, anglais et américains vont se retrouver autour d'un événement inattendu.
Une lecture très agréable, et faussement légère...
Le Shinx sans secret
Une très brève nouvelle qui nous montre que, décidément, la curiosité est un vilain défaut (se reconnaîtra qui veut ! ;-) ). Ici, il est fait référence au Sphinx de la mythologie grecque qui était détenteur d'un secret. L'expression "sphinx sans secret" a été réutilisée plusieurs fois par Oscar Wilde dans son oeuvre pour décrire la gente féminine ; une expression qu'il aurait empruntée à Schopenhauer.
Si le coeur vous en dit, vous pourrez lire cette nouvelle ici.
Le millionnaire modèle
Une autre très courte nouvelle qui nous prouve, une fois de plus, que l'habit ne fait pas le moine. J'ai bien aimé la conclusion qui prend la forme d'un jeu de mots.
Vous pouvez la lire ici.
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J'ai ensuite lu (relu pour certains) ce qui correspond au premier volume de contes d'Oscar Wilde, publié pour la première fois en 1888. Ce volume était composé de cinq contes. Ces contes s'adressent davantage aux adultes qu'aux jeunes lecteurs, même si des enfants peuvent en apprécier les histoires. Leur richesse permet en effet une lecture à plusieurs niveaux. A ce titre, j'ai apprécié les nombreuses annotations présentes dans l'ouvrage qui m'ont éclairée à plusieurs reprises dans ma lecture.
Le prince heureux
Les contes d'Oscar Wilde sont souvent méconnus.
J'ai découvert celui-ci très jeune puisqu'il faisait partie d'un recueil de contes (de différents auteurs) que ma mère me lisait souvent lorsque j'étais enfant. Je me rappelle en particulier les illustrations magnifiques qui illustraient ce texte.
Je qualifierais presque Le prince heureux de "conte humaniste". Le prince est en réalité une statue qui observe la ville et veille sur elle à sa façon. L'histoire est belle, mélancolique et porteuse d'espoir à la fois. Derrière le côté merveilleux, on retrouve la plume grinçante de l'auteur qui n'hésite pas à carricaturer certains personnages de la société.
Le rossignol et la rose
Un conte très bref sur l'amour et ce qu'il implique. Dans ce texte, l'auteur ne met pas vraiment en valeur le sentiment amoureux, au contraire il semble le juger de façon critique et sévère. En réalité, dans l'histoire, c'est le rossignol qui est le vériatble amoureux, tandis que, selon les propres termes de l'auteur, la jeune fille et l'étudiant "en sont indignes". La chute m'a rendue quelque peu perplexe...
Vous pourrez le lire ici.
Le géant égoïste
Un conte classique pour les enfants que j'ai déjà vu en format album.
L'histoire d'un géant qui ne veut pas que les enfants jouent dans son jardin. Alors, commence l'hiver...
Une jolie histoire sur les thèmes du partage et du bonheur, accessible aux plus petits.
L'ami dévoué
Ce conte terriblement cruel m'a remuée. Il y est question de l'égoïsme de l'humain et de la fausse définition que se font certains de l'amitié. On voudrait sauver ce petit Hans qui court à sa perte...
La fusée remarquable
Le début de l'histoire rappelle un peu celle de L'ami dévoué, mais avec ton plus léger et une issue plutôt drôle. Là encore, sous couvert d'un conte, Oscar Wilde fait la critique de certains comportements humains dans la société, tels la vanité et l'égoïsme.
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Si vous cherchez d'autres billets de lecture sur l'oeuvre de ce cher Oscar, vous trouverez votre bonheur chez :
- Aelys qui a lu deux autres contes, L'anniversaire de l'infante et L'enfant de l'étoile
- Caro[line] qui a lu le roman Le portrait de Dorian Gray
- Praline qui a lu les mêmes contes que moi mais aussi la pièce de théâtre Salomé
Je vous renvoie également au billet que j'avais publié au sujet de ses Aphorismes, petit recueil dans lequel vous trouverez un condensé de ses bons mots...
NB : je ne suis pas du tout pour les e-books, mais étant donné la brièveté de certains des textes que j'ai lus, j'ai pensé que ce pouvait être un point de départ de les lire en ligne pour s'en faire une idée. Mais par pitié, si vous êtes sensible au style d'Oscar Wilde, lisez-le dans un vrai livre !
Le livre de poche (collection La pochothèque) - 1510 pages
27 mars 2008
Des gourmandises sur l'étagère (Françoise Moreau)
Des gourmandises sur l'étagère est le livre idéal à glisser entre deux lectures. On dévore rapidement ce texte parce qu'il est très court, mais aussi parce que son écriture est fluide.
Marie-Gabriel et Odilon aiment la bonne chère. C'est donc tout naturellement qu'ils élèvent leur fille, Berthe, dans un univers gourmand. La vie pour eux est ronde, douce.
Mais un jour, Berthe arrête de manger.
La nourriture, le rapport que l'on entretient avec elle, est souvent le symptôme d'un mal-être plus profond. Ce sujet est, me semble-t-il, douloureux, délicat à traiter. Je me suis d'ailleurs sentie mal à l'aise à la lecture des toutes premières lignes. Mais ce sentiment s'est vite estompé car Françoise Moreau sait poser les mots qui sonnent juste. Le fond de l'histoire est triste, mais la forme est pudique et belle. L'écriture est particulièrement réussie et touchante, poétique.
Une jolie découverte, merci Goelen, d'avoir fait voyager cette gourmandise !
L'avis d'Anne, première escale du voyage.
L'escarbille (collection feux follets) - 44 pages
25 mars 2008
Sortie ciné... Into the wild
Qu'est-ce que le bonheur ? En plaquant sa vie bien rangée de fils de "bonne famille", Christopher McCandless tente de donner une réponse à cette question que se pose tout un chacun.
Tout juste diplomé, promis à brillant avenir, ce jeune homme décide de laisser derrière lui cette existence confortable et sans surprise. Il entreprend alors la traversée des Etats-Unis, avec, comme but final l'Alaska et le "retour" à la nature.
Sa route croisera d'autres personnages, d'autres destins, qui tous - ou presque - le soutiendront dans la réalisation de son rêve, même si, parfois, il doit faire face à l'incompréhension.
Durant ce voyage initiatique, il poursuivra un idéal, celui de se détacher de la société matérialiste dans laquelle il a grandi, et se (re)trouver. Dans cette quête, il sera accompagné par la nature mais aussi par les livres qu'il a emportés et qui ne le quittent pas. Il tient aussi un journal de voyage, dans lequel il couche ses bonheurs et ses peurs.
On assiste à l'évolution d'un homme, qui dans sa quête du bonheur et de soi, finit par s'éloigner des hommes et se retrouve prisonnier de la nature.
Les paysages sont superbes, les différents acteurs touchants, la prestation d'Emile Hirsch époustouflante, et la bande originale un vrai régal.
Chaque image, chaque regard, chaque parole est comme un hymne à la vie, une invitation à réfléchir...
La dernière image envolée, je suis restée enfoncée dans le fauteuil jusqu'au dernier nom du générique de fin. Difficile de revenir sur "terre". C'est pour ça que j'aime le cinéma, pour vibrer, ressentir et rêver. Un peu de poésie dans un monde brutes, ça ne fait jamais de mal. Un vrai coup de coeur.
A noter que Christopher McCandless a réellement existé, et que sa vie a fait l'objet d'un livre (Voyage au bout de la solitude) écrit par Jon Krakauerque. Le film est réalisé d'après cette oeuvre.
Lau, merci de m'avoir donné envie d'aller voir ce magnifique film.
Le site officiel du film.
Into the wild, un film de Sean Penn avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden , William Hurt , Jena Malone , Catherine Keener , Brian Dierker , Vince Vaughn , Zach Galifianakis , Kristen Stewart et Hal Holbrook
Actuellement dans les salles
21 mars 2008
Le retour à la terre (Manu Larcenet - Jean-Yves Ferri)
Depuis le temps que j'en entends parler, j'ai enfin découvert cette fameuse série...




Quatre tomes pour suivre la vie de Manu et Mariette, ex-citadins nouvellement installés à la campagne. Ce jeune couple qui vivait à Juvisy en banlieue parisienne, vient d'emménager aux Ravenelles, côté verdure. Entre cartons et rencontres, nous suivons au fil des jours leur adaptation à ce milieu hostile, leurs doutes, leurs interrogations, mais aussi les petits bonheurs du quotidien. Chaque album est construit sur une succession de gags très courts (six vignettes), qui, bien qu'indépendants les uns des autres, se suivent et forment une histoire.
Les dessins sont naïfs, principalement basés sur la représentation des personnages et de leurs expressions. Personnellement, je n'aime guère ce style graphique, mais l'histoire m'ayant touchée et amusée, je suis passée outre, et j'ai même fini par apprécier le dessin de certaines planches. Cette bande dessinée est avant tout comique, mais elle cache une certaine tendresse pour les deux héros au travers desquels la plupart des lecteurs peuvent se retrouver à un moment ou à un autre.
Si le début est assez désopilant, j'ai trouvé que le rythme et l'histoire s'essoufflaient un peu au fil des tomes.
Je n'ai donc pas trouvé la série extraordinaire, mais j'ai passé un agréable moment de lecture.
Les avis de Malaurie, d'Isabelle et de Tamara, nettement plus enthousiastes que moi.
Le blog de Manu Larcenet.
Dargaud (collection Poisson pilote)
T1 - 48 pages / T2 - 48 pages / T3 - 48 pages / T4 - 48 pages
19 mars 2008
Le général du roi (Daphné Du Maurier)
Je suis une inconditionnelle de Daphné Du Maurier. J'aime son style, ses personnages, sa façon de conduire une intrigue, de décrire les sentiments humains. Le général du roi me l'a confirmé.
L'originalité de ce roman est de mêler fiction et réalité historique. Le récit se déroule dans la Cornouailles anglaise pendant la première guerre civile qui eut lieu entre 1642 et 1648.
Nous suivons deux personnages - Honor Harris et Sir Richard Grenvile - que tout oppose a priori, mais que le hasard de la vie va rapprocher.
Honor Harris et une jeune femme de bonne famille, fière, intelligente et courageuse.
Sir Richard Grenvile est un général au service du roi d'Angleterre. Stratège génial, royaliste convaincu, il sait se montrer généreux mais peut aussi se révéler cruel, faisant passer son dévouement pour la protection de la couronne et ses ambitions militaires avant tout le reste. Malgré ses défauts et son rude caractère, il en fascine plus d'un et a su gagner le coeur d'Honor. Mais à quel prix ?
Ces deux-là ne vont jamais cesser de s'aimer, mais d'un amour non conventionnel, amour qui sera soumis à de rudes épreuves.
Une fois de plus, Daphné Du Maurier peint avec brio deux forts caractères qui nous entraînent dans leur sillage. On admire l'un et l'autre, on les regarde parfois d'un oeil critique, mais au fond on les comprend. Chacun, à sa manière, est un héros de la vie.
Outre ces deux personnages, qui, à eux seuls portent le roman, j'ai apprécié le fond historique du récit. Moi qui, a priori, ne suis guère attirée par les romans historiques en général, et encore moins par tout ce qui touche à la guerre, j'ai été complètement séduite par cette lecture.
L'auteur nous raconte la guerre à travers le regard des civils, passant quasiment sous silence les affrontements. La violence et la cruauté n'en sont cependant pas moins présentes, et la description des différents sièges et des conditions de vie des civils est plus que réaliste. Les hommes partis au combat, les femmes luttent pour survivre et préserver les domaines où elles vivent. Les familles se regroupent, la vie devient communautaire.
J'ai également apprécié la forme du récit, narré à la première personne par Honor. Après un premier chapitre dans le temps présent (et qui est un peu ardu car il présente d'un seul coup tous les personnages de l'histoire !), on retourne dans le passé pour assister à la rencontre d'Honor et Richard, et suivre avec eux le cours de l'histoire. Du fait du type narratif, on se trouve d'emblée dans une relation d'intimité avec le personnage d'Honor qui partage avec nous ses pensées profondes, ses doutes, ses peines et ses peurs.
Je ne qualifierais pas Le général du roi de coup de coeur - bien que je l'ai apprécié autant (voire davantage) que certains coups de coeur que j'ai pu présenter ici - car je lui ai préféré d'autres romans de l'auteur, mais celui-ci est malgré tout excellent, et je vous en conseille vivement la lecture.
A noter qu'il existe une version poche de ce roman.
Phébus - 362 pages
17 mars 2008
Saint Patrick en retard...

J'avais projeté de lire Le fils du roi d'Irlande de Padraïc Colum pour fêter la St Patrick avec le club des théières...
Seulement, je ne suis pas parvenue à le lire dans les temps.
Je lis peu et lentement ces derniers jours, et surtout je n'avais pas envie de ce type de lecture en ce moment (c'est un conte)...
Donc je n'abandonne pas l'idée de lire quelque chose d'un auteur irlandais d'ici la fin du mois, mais je ne sais pas encore quoi, ce sera selon mon humeur.
Et pour me faire pardonner de ne pas publier de billet de lecture aujourd'hui, voici quelques liens vers des des lectrices et lecteurs qui, eux, ont honoré dignement St Patrick aujourd'hui !
Caro[line] a lu Le portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde)
Emeraude a lu Zoli (Colum McCann)
Florinette a lu Petite musique des adieux (Jennifer Johnston)
Goelen a lu Le garçon boucher (Patrick McCabe)
Karine a lu The illusionist (Jennifer Johnston)
Stéphanie a lu Ailleurs en ce pays (Colum McCann)
Tamara a lu La rivière de l'exil (Colum McCann)
Yvon a lu Et dieu fit le dimanche (Walter Macken)
15 mars 2008
The sign of four (Sir Arthur Conan Doyle)
Le signe des quatre est ma première rencontre avec le célèbre détective Sherlock Holmes.
J'ai eu des difficultés à lire ce livre en anglais, manquant par moment de vocabulaire, notamment pour tout ce qui est description des lieux et des personnages. Du coup, ma lecture de ce court roman policier a été fort longue, et j'ai failli abandonner pour l'acheter et le lire en français ! Finalement j'ai persévéré, et suis parvenue au terme de cette histoire.
Je dois dire que j'aime énormément l'univers dans lequel nous plonge Sir Arthur Conan Doyle. La personnalité de Sherlock Holmes, les échanges entre lui et le Docteur Watson et les lieux choisis pour le déroulement de l'action m'ont absolument enthousiasmée ! Cette atmosphère si particulière qui nous parachute dans l'Angleterre de la fin du 19ème siècle est captivante.
Mais venons-en à l'intrigue... En Inde, sous l'époque coloniale, un trésor a été découvert et un pacte passé entre quatre complices. Une jeune femme dont le père a disparu mystérieusement dix ans auparavant, vient solliciter le détective Sherlock Holmes pour une affaire bien singulière. Chaque année à la même date, elle reçoit une perle d'un expéditeur anonyme... Mais cette année-là, c'est une lettre étrange qu'elle reçoit...
Sherlock Holmes va devoir démêler la pelote d'indices, non sans peine, ce qui le conduira sur la scène d'un crime. Commence alors la véritable histoire...
Cette fort plaisante lecture m'amènera sans nul doute à lire les autres aventures du fameux détective, dans le bon ordre, cette fois, puisqu'il semble que j'ai commencé par le second volet de la série !
Pour ceux que ça intéresse et qui parlent l'anglais, une video de Sir Arthur Conan Doyle filmée en 1927, dans laquelle il parle du personnage qu'il a créé (attention à l'accent, faut s'accrocher !).
Penguin books (collection Sherlock Holmes) - 138 pages
13 mars 2008
Elle, pinces et dépendance
Jérôme, trentenaire, dont la vie se résume à son travail, rentre un soir chez lui avec l'idée d'en finir. Seulement voilà, dans sa cuisine, il y a Elle, entrée dans son appartement comme par magie, et qui est entrain de lui cuisiner son plat favori, des chipirons à l'encre...
Jérôme est un homme triste, éteint, qui perd au fur et à mesure ses derniers rêves, qui a fini de sourire et de croire en l'amour, en l'amitié, en l'humanité. Elle apparaît subitement dans sa vie, sorte de fée moderne qui vient le sauver, lui redonner l'envie d'aimer, le protéger des crabes qui sont entrain de lui bouffer l'existence. Qui sont les crabes ? Des hommes et des femmes ambitieux, avides de pouvoir, matérialistes et fermés à toute forme de plaisir qui ne rapporterait pas.
Le scénario est donc simple, Jérôme est en détresse, Elle débarque, et, avec ses supers-pouvoirs, le sauve des griffes des méchants. Je carricature, mais pas tant que ça...
Tout le long de ma lecture (qui m'a fortement ennuyée, il faut le dire), je me suis demandée quel était le but poursuivi par l'auteur... Ecrire une fable, critique d'un pan de la société ? Raconter un conte de fées des temps modernes ?
Est-ce qu'Elle (prénom du personnage féminin de l'histoire) existe réellement, auquel cas nous sommes alors en présence d'un roman fantastique (raison pour laquelle j'ai placé ce billet dans cette catégorie), ou est-elle simplement le fruit de l'imagination de notre "héro" ? Je ne saurais le dire.
Ce qui, en revanche est certain, c'est qu'Eléonore Cannone ne m'a absolument pas conquise. L'écriture est synthétique, dans un langage volontairement (sans-doute) actuel et peu soutenu, les personnages sont transparents, et l'histoire loufoque (ce qui aurait pu être une qualité) et complètement creuse.
Une fois la dernière page tournée (ouf !), je me suis demandée ce que ce livre m'avait apportée. Réponse : RIEN. Il ne m'a pas fait rêver, ne m'a pas fait réfléchir, ne m'a rien appris, ne m'a pas amusée ni divertie non plus. Bref, le néant total. Rarement un livre ne m'a fait un tel effet, ou devrais-je dire une telle absence d'effet. Je ne peux même pas dire que je ne l'ai pas aimé, je suis passée au travers sans m'en rendre compte. Aussi vite lu, aussi vite oublié...
Ici, un avis enthousiaste suivi d'une interview de l'auteur.
Je remercie Babelio qui me l'a expédié gracieusement dans le cadre de son opération Masse Critique.

L'alitiplano - 189 pages
11 mars 2008
De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête (Werner Holzwarth - Wolf Erlbruch)
Vous cherchez un album qui sort un peu des sentiers battus, drôle, agréable à lire et adapté aux plus jeunes ?
De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête est celui qu'il vous faut !
J'aime : les dessins rigolos, le format de l'album en longueur, la mise en forme du texte avec différentes tailles de caractères, le registre de langue plutôt soutenu, la structure répétitive du texte, et enfin l'humour de cette histoire.
Voilà comment traiter avec finesse un sujet si plaisant pour les jeunes enfants, sans sombrer dans la banalité et en proposant un album de qualité.
C'est quand-même un tour de force que d'avoir su aborder ce thème sans jamais utiliser les mots "crotte" ni "caca" si chers aux petits, mais en proposant un vocabulaire intéressant et varié, et en représentant de façon très réaliste les déjections des différents animaux sans jamais choquer ni dégoûter.
Un extrait :
"Et clang-di-clang-di-clang ! un paquet de petits berlingots couleur chocolat dégringolèrent sur la prairie. La petite taupe les trouva fort gracieux, ma foi."
Milan jeunesse
