23 avril 2008
L'Afrique au Canada

Et oui, le Canada s'est mis aux couleurs de l'Afrique avec Karine qui m'a concocté un colis à tomber par terre pour le swap Afrilire !
Ledit colis regorgeait de surprises et j'ai pris beaucoup de plaisir à arracher les emballages tellement j'étais excitée en découvrir le contenu !
Chaque paquet était accompagné d'une petite note explicative, portée par un petit messager coloré (il semble que Karine aime particulièrement les bébêtes-stickers car elle en a collé partout ;-) ).
Oserais-je vous dire tout ce que j'ai reçu ? Mais oui, j'ose !
Côté lecture d'abord, quatre ouvrages m'attendaient (les trois premiers correspondent aux souhaits que j'avais formulés dans le questionnaire, et le dernier a été judicieusement choisi par Karine puisque j'ai une véritable histoire d'amour avec le Maroc et que je n'ai jamais rien lu de cet auteur) :
- Une saison blanche et sèche d'André Brink
- Cette aveugle absence de lumière de Tahar Ben Jelloun
- Le tome 1 des Milles et unes nuits
- Le dernier ami de Tahar Ben Jelloun
Déjà à ce stade, vous vous dites que j'ai été gâtée, mais ce n'est pas terminé !
Un CD, compilation de musique africaine, était également présent dans le colis, et je me suis empressée de l'écouter. Il rassemble différents artistes africains comme Angélique Kidjo, Youssou N'Dour, ou encore Ali Farka Toure, bref, que des grandes pointures de la musique africaine, pour mon plus grand plaisir.
Et pour accompagner le CD, enveloppé dans un joli papier doré, un mini djembé, absolument adorable, et qui décore maintenant une étagère dans ma chambre !
Si j'en crois l'un de ses petits mots explicatifs, Karine déplorait de ne pas avoir trouvé de marque-page sur le thème de l'Afrique, et du coup elle m'en a fait un elle-même sur le thème du Roi lion et ajouté trois superbes cartes, dont deux vierges, pour, me dit-elle, les utiliser en marque-page. Impossible ! Je n'oserai les utiliser de la sorte, trop peur de les abîmer ! Aussi elles iront probablement rejoindre des copines qui ornent le placard du bureau du quel je rédige ce billet.
J'ai été outrageusement gâtée, hein ?! Oui, oui, c'est vrai.... Mais je ne vous ai pas tout dit ! Car il y avait dans ce merveilleux paquet une incroyable surprise, un peu comme la cerise sur le gâteau...
Il se trouve que je fais la collection de tajines miniatures, collection entamée à l'adolescence lorsque je vivais au Maroc, et qui m'a accompagnée depuis à chacun de mes nombreux déménagements. Ces tajines, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux ; d'abord parce qu'ils sont jolis comme tout, mais aussi pour la période de ma vie à laquelle ils renvoient, leur valeur sentimentale. J'avais mentionné cette collection dans le questionnaire du swap car elle colle parfaitement avec le thème, mais c'était davantage à titre informatif... loin de moi l'idée que ma swapeuse allait en trouver un ! Et bien Karine est une superwoman, car non seulement elle en a trouvé un, mais en plus il est magnifique. Il a bien entendu rejoint ses copains... après avoir été pris en photo.
Karine, encore une fois, un immense MERCI, tu as ensoleillé ma journée.
Le soin que tu as mis à préparer ton colis, ton souci du détail, tes nombreux clins d'oeil et ta bonne humeur m'ont énormément touchée.
22 avril 2008
Comptines de la mer et du vent (Corinne Albaut - Catherine Fichaux))
Je ne suis pas très comptines, mais je me soigne...
Avec deux petits matelots à la maison, je me devais d'offrir au plus grand ce recueil dont le thème lui est déjà familier.
Contre toute attente, j'ai été séduite. C'est bien simple, j'aime tout dans ce livret !
Le format et la qualité du papier propres à cette collection, les magnifiques illustrations de Catherine Fichaux, les mots de Corinne Albaut, et bien entendu, le thème du recueil.
Petite parenthèse pour ceux qui l'ignorent, Actes sud junior propose dans la collection Les petits bonheurs des recueils de comptines chaque fois regroupées autour d'un thème donné (à noter que Corinne Albaut a écrit la grande majorité des comptines publiées dans cette collection). Pour connaître leurs autres titres, je vous renvoie ici (site de l'éditeur).
Comptines de la mer et du vent est, comme ses frères et soeurs, un petit bijou.
Un peu moins de trente comptines pour traiter de tout (ou presque) ce qui a un rapport avec la mer et le vent. Des Sirènes aux Pirates et corsaires, des Marées à La corne de brume, de L'horizon à La houle... l'auteur nous fait voyager en mots poétiques et légers comme des bulles d'eau. Une jolie mélodie servie par des illustrations toutes plus belles les unes que les autres, bref, une parfaite alchimie pour nous faire rêver et réveiller notre âme d'enfant, si toutefois elle s'était endormie !
Pour le plaisir, un extrait avec l'aimable autorisation de l'auteur :

Le site de l'auteur
Actes sud junior (Les petits bonheurs) - 61 pages
20 avril 2008
Larmes de fées T1 - La mélopée des Abers (François Debois - Mika)
Il y a quelques temps, je vous parlais de ma découverte de la collection Soleil celtic avec l'album Le sang de la sirène.
Si mon avis était mitigé à sa lecture, cette fois il est plus tranché avec La mélopée des abers.
Il s'agit du premier tome de la série Larmes de fées (je ne sais pas combien d'albums sont prévus). C'est le même scénariste - François Debois - que pour Le sang de la sirène, mais le dessinateur change, il s'agit de Mika.
L'histoire : fin XIXème siècle, un navire fait naufrage en mer d'Iroise. A bord se trouve Erwan. Dans l'épave échouée du bateau, Gwenn, sa femme, retrouve son journal de bord qui révèle un secret de marins...
J'ai pris un grand plaisir à lire cet album dont j'ai trouvé le scénario intéressant et les dessins très beaux. Contrairement au Sang de la sirène, album plutôt réaliste dans lequel la légende n'était que suggérée et rapportée, La mélopée des abers est un album fantastique. On y rencontre, entre autre, des Korrigans, petits êtres sympathiques dont j'ai apprécié la compagnie. Malgré leur présence, le ton de l'histoire est plutôt grave, et j'ai d'ailleurs trouvé admirable le travail de mise en couleurs de Cyril Vincent, qui contribue énormément à cette ambiance à la fois sombre et poétique. J'ai vite été absorbée par l'histoire et je suis curieuse de découvrir le prochain tome, qui doit paraître bientôt.
Une découverte prometteuse...
Le blog du scénariste, François Debois.
Soleil production (collection Soleil celtic) - 47 pages
François Debois (scénario), Mika (Dessin), Cyril Vincent (couleurs)
17 avril 2008
Un mois... un auteur... Karen Blixen
J'ai choisi ce mois-ci de célébrer l'auteur danoise Karen Blixen. On m'a offert il y a peu son célèbre roman La ferme africaine que je suis entrain de lire au moment où paraît ce billet, et c'était donc l'occasion de m'intéresser à la vie de l'auteur.
Cette recherche a été passionnante et le destin de cette femme me fascine.
Biographie
Karen Blixen, naît le 17 avril 1885 à Rungstedlund, au Danemark sous le nom de Karen Christentze Dinesen.
Sa mère est la fille d'un riche armateur, son père un ancien officier devenu propriétaire terrien, écrivain et parlementaire.
Son père se suicide alors qu'elle est à peine âgée de dix ans. Elle grandit dans milieu exclusivement féminin, entre sa mère, sa tante et sa grand-mère maternelle. Karen et ses quatre frères et soeurs ne vont pas à l'école, ils sont instruits à domicile par une gouvernante. Très tôt, elle s'intéresse à la peinture - qu'elle étudiera par la suite à l'Académie des Beaux-Arts de Copenhague - et à l'écriture.
En 1907, sont publiés ses premiers écrits - des contes - sous le pseudonyme d'Osceola dans une revue littéraire.
A la même époque, elle rencontre dans les milieux aristocratiques les frères suédois Blixen-Finecke. Elle tombe amoureuse de Hans, et épousera finalement son jumeau, le baron Bror Blixen-Finecke (qui est également son cousin au second degré) en 1914.
Avec lui, elle s'expatrie au Kenya, où ils cutivent le café dans une ferme près de Nairobi. Sa rencontre avec l'Afrique est un véritable coup de foudre pour l'auteur ; dans son roman La ferme africaine, elle écrira : "Ma rencontre avec les noirs fut pour moi ce que la découverte de l'Amérique fut à Christophe Colomb.". 
Alors qu'ils sont séparés depuis 1921, Karen divorce en 1925 de son mari volage qui lui a transmis la syphilis ; elle suivra un traitement lourd au mercure jusqu'à la fin de sa vie. Elle reprend alors la plantation de café avec son frère Thomas. Son amant, le pilote anglais Denys Finch Hatton, décède dans un accident d'avion.
En 1931, après plusieurs saisons difficiles, elle vend la ferme, et rentre au Danemark où sa santé décline.
Elle consacre les dernières années de sa vie à l'écriture. Sept contes gothiques paraît pour la première fois en 1934 sous le pseudonyme d'Isak Dinesen (il sera édité l'année d'après au Danemark sous son vrai nom). En 1937, est publié La ferme africaine, roman qui connaîtra un succès mondial (publié en France seulement cinq années plus tard, en 1942) et sera porté à l'écran par Sydney Pollack sous le titre Out of Africa. Ses derniers ouvrages paraissent entre 1942 et 1960.
Karen Blixen meurt à Rungstedlund le 7 septembre 1962.
Karen Blixen est une figure de proue de la littérature danoise. Elle a publié ses écrits sous trois pseudonymes différents (Osceola, Isak Dinesen et Pierre Andrézel) avant de le faire sous le nom de Karen Blixen. Elle écrit en danois comme en anglais, et se traduit elle-même, permettant à chacune de ses oeuvres de sortir quasiment simultanément dans les deux langues.

Tombe de Karen Blixen dans son domaine, au Danemark
Bibliographie (non exhaustive)
- Sept contes gothiques (1934)
- La ferme africaine (1937)
- Contes d'hiver (1942)
- Les derniers contes (1957)
- Ombres sur la prairie (1960)
Si vous souhaitez en savoir davantage sur cette femme incroyable... vous trouverez ici une interview de l'auteur réalisée en 1956 par The Paris review, là et là des informations concernant les musées Karen Blixen au Danemark et au Kenya.
Sources
- Biographie de Karen Blixen ( Folio, éditions Gallimard - 2007), présent dans le coffret La ferme africaine
- Site de la revue littéraire Europe
- Wikipédia
15 avril 2008
Le magasin des suicides (Jean Teulé)
Dans la famille Tuvache, on est dans le suicide de père en fils. Le magasin des suicides propose à celles et ceux qui veulent en finir avec la vie un large choix de produits pour réaliser leur voeu. Vous voulez mourir en samouraï ? Le lot tanto-kimono est pour vous ! Vous avez l'âme d'un artiste ? Vous pourrez réaliser une nature morte (le kit contient tout le nécessaire de peinture) d'une pomme empoisonnée avant de la croquer ! Vous préférez un mode plus classique comme la pendaison ? Choisissez alors une corde en chanvre, solidité garantie, impossible de se rater ! Et lorsque vous aurez fait votre achat et que vous vous en retournerez chez vous, prêt à commettre l'irréparable, on ne vous dira pas "au revoir", mais "adieu" ; le service est professionnel jusqu'au bout !
Seulement, il y a comme un os dans cette histoire de famille... Alan, le petit dernier, a une fâcheuse tendance à la gaieté. Et quelqu'un qui aime la vie dans un magasin pour le suicide, ça fait désordre...
Ce court roman, vous l'aurez compris, est un concentré d'humour noir, sur un thème plutôt délicat. Je dois dire que le pari de faire rire n'était pas gagné d'avance, mais Jean Teulé y est parvenu avec brio. Etant particulièrement sensible sur ce sujet, je peux vous dire que j'ai pourtant dévoré le roman d'une traite, avec le sourire aux lèvres, et que pas un seul instant ma pensée n'a viré au sombre. L'humour est très fin, et en même temps le fond de l'histoire suffisemment déjanté pour que l'on parvienne à se détacher complètement de la réalité et que l'on se laisse embarquer dans ce récit jubilatoire.
J'ai trouvé cette lecture fort plaisante, et j'ai énormément apprécié l'humour que l'on retrouve jusque dans les différents noms propres utilisés dans l'histoire (le propriétaire s'appelle Mishima, le magasin est situé boulevard Bérégovoy, etc.).
Ce roman m'a donc réconciliée avec l'auteur puisque je n'avais pu aller au bout de Je, François Villon.
Cependant, je n'ai pas retrouvé dans Le magasin des suicides la qualité d'écriture de Je, François Villon.
Un roman léger et agréable, à lire pour se divertir.
Un grand merci à Joël de me l'avoir prêté.
Les avis d'Arsenik, Cathulu, Emeraude, Flo et Tamara.
Julliard - 157 pages
13 avril 2008
Le mariage d'Anne d'Orval (Sébastien Fritsch)
Ce roman historique remplit exactement le rôle que j'attends d'un livre : me faire voyager. Que le voyage ait lieu à une autre époque ou à l'époque présente, dans le pays où je vis ou à l'étranger, que l'histoire se déroule dans un univers familier ou inconnu... peut m'importe, pourvu qu'en me plongeant dans un livre, j'en arrive à oublier qui je suis, où je vis et le monde alentour.
C'est ce qui s'est passé avec Le mariage d'Anne d'Orval, et ne serait-ce que pour cela, j'aurais déjà envie de crier au coup de coeur. Mais je garde un peu de réserve, car ce n'est que le premier roman de l'auteur, et je suis persuadée qu'il peut écrire encore mieux !
Le mariage d'Anne d'Orval, c'est une double histoire, d'amour et de haine à la fois. Une histoire dont le personnage central Anne, va être le déclencheur des différents événements, et le moteur des actions de ceux et celles qui l'entourent. Anne, qui est promise par son père à Clément de Merlieu, un seigneur au passé mystérieux, à la réputation de droiture et de bravoure. L'arrivée de ce dernier au domaine d'Orval, dans le but d'épouser la fille du baron, va bouleverser en l'espace de quelques jours l'existence d'Anne et des siens. Je n'en dis pas davantage pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur...
Lors des cinquante premières pages, je suis restée légèrement distante, éprouvant de l'intérêt pour l'histoire, mais pas totalement convaincue. C'était probablement le temps nécessaire pour que l'intrigue se mette en place. Une fois passé ce cap, j'ai été littéralement embarquée par le livre et n'ai pu en décrocher (d'ailleurs, avis à ceux qui voudront le lire, surtout ne pas l'ouvrir tardivement en soirée si l'on a dépassé la page cinquante, c'est l'assurance d'une nuit tronquée !). J'ai aimé l'histoire que j'ai trouvée plutôt originale dans la façon dont elle est traitée, et surtout l'intrigue, admirablement déroulée par l'auteur, qui nous tient en haleine jusqu'au bout. Dans la deuxième partie du roman, les choses s'accélèrent et les questions affluent ; on a envie de connaître la vérité, on est suspendu aux mots, on vibre pour les personnages. La fin est superbe, je n'en attendais pas une autre, j'avais peur que l'auteur sombre dans la facilité, mais non, jusqu'à la toute dernière ligne le récit préserve cette impression de force que j'ai ressentie pendant la lecture.
La période choisie (le Moyen-Age) et la région (la Haute Auvergne), couplées à l'écriture de Sébastien Fritsch, ont achevé de me séduire.
Le mariage d'Anne d'Orval est un excellent roman qui m'a captivée, merci pour cet agréable moment de lecture !
Je retrouverai certainement cette belle plume avec grand plaisir.
Un extrait que j'ai trouvé particulièrement beau :
Quatre cierges de chaque côté du catafalque étaient les seules lueurs dans la nef obscure. Ils étaient trop faibles pour révéler tous les détails. Mais ils suffisaient pourtant à ce que l'on distinguât nettement les deux forces qui se partageaient l'espace : le noir et le blanc.
Le noir de la pierre des piliers, des chapiteaux, des arcs et des voûtes, membres et articulations d'un squelette démesuré, figé par la nuit. Le noir des fresques murales dont les riches couleurs, fondues entre elles, s'étaient humblement rendues à l'évidence qu'elles n'existent pas sans lumière. Le noir du bois : les bancs, les prie-dieu, les portes, acceptant seulement, sur leurs surfaces polies par le contact de tant de mains ou de corps, l'infime écho d'un fin reflet émanant de huit flammes.
Le blanc du marbre pavant le sol, cadre opalescent supportant le mobilier. Le blanc de l'autel de pierre, nu, devant lequel reposait le corps d'Amaury. Le blanc verdâtre de la face et des mains du défunt. Le blanc chaleureux de la robe et le blanc pur du visage d'Anne.
Chapitre IX, page 101
A noter que le deuxième roman de l'auteur, Le sixième crime (un polar cette fois), sera disponible en librairie à partir du 16 avril.
Et si vous voulez en savoir davantage sur l'auteur, allez lui rendre visite ici.
L'avis d'Amanda, que je remercie chaleureusement de m'avoir prêté son exemplaire, et celui de Lucile.
Créer - 256 pages
11 avril 2008
Luc Arbogast
L'autre jour, alors que je rentrais des Quais du polar, j'entends dans les rues du vieux Lyon une voix incroyable et qui portait très loin. Attirée malgré moi, je me suis approchée, et j'ai vu là, sur une place, un homme, et une femme qui jouaient un morceau de musique. Je suis restée immobile, hypnotisée, transportée dans un autre monde. Autour, la foule et les bruits de la ville se sont envolés lorsque j'ai écouté Luc Arbogast chanter, et les larmes me sont montées aux yeux. Rarement une voix m'a touchée comme la sienne.

Luc Arbogast a une voix de contre-ténor qui perce le ciel et vous touche directement au coeur, son timbre est bouleversant, unique. Pour accompagner sa voix (mais est-il besoin de l'accompagner ?!), il joue du bouzouki irlandais. Sa compagne, Mélusine, jouait du violon lorsque je les ai vus, mais il semble qu'elle joue aussi de la flûte traversière.
La musique qu'ils jouent est de la musique traditionnelle, d'inspiration médiévale.
Luc et Mélusine se produisent principalement dans les rues des villes de France (Montpellier, Avignon, Lyon...et surtout, semble-t-il, sur le parvis de la cathédrale de Strasbourg), parfois dans des églises... Ils ont auto-produit trois albums qui sont difficiles à se procurer (plus d'infos à la fin de ce billet)... Peu d'informations sur Internet, le mystère reste complet à leur sujet, et finalement, je me dis que ça colle parfaitement aux personnages qui vivent de leur passion, dans l'amour de la musique, en vrais troubadours.
Je serai bien incapable de vous parler de leur musique, et surtout de l'extraordinaire voix de Luc Arbogast car je n'y connais rien en la matière, je peux simplement vous parler de ce que j'ai ressenti, et vous dire qu'il a réussi à me toucher au plus profond de l'âme, et du coeur.
Si un jour, au détour d'une rue, vous entendez une voix qui vous fige sur place, c'est lui ! Alors, n'hésitez pas, et allez à sa rencontre...
Pour Roxane aussi, c'est un coup de coeur.
Vous pourrez écouter des extraits de leurs albums sur le site Acrofolk, et Luc Arbogast m'a indiqué que, peut-être, il se produirait à la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon en mai (pour confirmation, contacter la boutique Mandragore dont l'adresse figure ci-dessous).
Albums parus :
Fjall d'yr Vinur (2003)
Domus (2004)
Hortus Dei (2007)
Pour acheter leurs CD :
Vous pouvez envoyer un email à domus.atelier@laposte.net en mentionnant dans le sujet du message "CD Luc Arbogast".
Pour les lyonnais, il est peut-être (supposition de ma part, mais hypothèse pas encore vérifiée) possible de se procurer les CD à la boutique Mandragore (52 rue Saint-Jean - 5ème - tel : 04 72 41 99 16) ouverte de 14h à 19h du mardi au dimanche.
09 avril 2008
Cent ans de solitude (Gabriel Garcia Marquez))
Le mois dernier, j'avais mis à l'honneur l'auteur Gabriel Garcia Marquez, et me proposais de lire Cent ans de solitude...
J'ai traîné ce livre comme un boulet pendant des jours et des jours... Attention, l'expression que j'utilise, à connotation péjorative, n'est pas à prendre ici au premier degré. J'emploie volontairement le terme de boulet pour l'image qu'il représente, celle de quelque chose de lourd, qui reste attaché à la personne... Et c'est exactement le sentiment que j'ai eu en lisant ce roman. Lourd, parce que l'histoire est dense, les mots et les phrases s'enchaînent de plus en plus vite, et la respiration devient parfois haletante, imposant une pause au lecteur. Lourd, parce que si ma lecture avançait à pas de fourmis, je ne pouvais me défaire de ce livre qui m'a suivie partout. J'ai vécu une expérience de lecture très étrange et totalement unique, jamais je n'avais ressenti cela en lisant auparavant. J'ai, au fil des jours, établi une sorte de relation double avec cet ouvrage, oscillant alternativement entre attrait et rejet, mais n'ai jamais pu m'en défaire. Cent ans de solitude s'est imposé à moi, il m'a vampirisée, absorbée.
Au final, je suis satisfaite de l'avoir lu, contente de ne pas être passée à côté de ce récit extraordinaire (au sens propre et figuré). Et pourtant, je ne peux pas dire que j'ai beaucoup aimé cette histoire. La dernière page tournée, un sentiment ambigu m'a envahie ; la certitude que je venais de découvrir une grande oeuvre de littérature, la compréhension de ceux et celles qui le considèrent comme un chef d'oeuvre, sans toutefois être capable de l'apprécier pleinement moi-même. J'ai du mal à analyser pourquoi je n'ai pas accroché plus que cela ; le côté fantastique m'a sans-doute gênée, et je m'aperçois que je n'aime pas trop ce genre (encore que, j'ai aimé d'autres romans fantastiques)... mais ce n'est pas la seule explication. L'atmophère qui règne dans ce livre m'a mise mal à l'aise. Le côté loufoque m'a plu, mais n'a pas su compenser cette sensation de glauque, ce côté malsain qui m'a empêchée de m'attacher à l'histoire et aux personnages, restant toujours en retrait, comme pour me protéger de ce que je lisais... Si j'excepte la redondance des prénoms (toujours les mêmes tout au long de l'histoire) qui m'a quelque peu épuisée et perdue plus d'une fois dans le récit, j'ai énormément apprécié l'écriture que j'ai trouvé magnifique et hypnotisante.
Cette épopée lyrique m'a certes, touchée, mais pas comme je m'y attendais. A une personne qui me demanderait s'il faut le lire, je répondrai que ce roman me semble incontournable, un peu comme un baptême, une épreuve du feu. Il faut lire Cent ans de solitude pour l'inventivité de l'auteur, la richesse de l'histoire, la poésie du texte. Il faut le lire pour être bousculé, pour comprendre ce que c'est qu'un chef d'oeuvre, l'universalité d'une oeuvre. Mais il ne faut pas forcément s'attendre à un coup de foudre. Pour ma part, je viens de réaliser que je peux apprécier la "valeur" d'un livre sans l'aimer pour autant, et c'est une grande leçon d'humilité que je viens de recevoir. Gabriel Garcia Marquez est un grand monsieur, et je le lirai encore, quand j'aurai digéré ce roman et repris mon souffle.
Seuil (collection Points) - 437 pages
08 avril 2008
Le maître de thé (Yasushi Inoué)
Depuis plusieurs jours, je réfléchis à la façon de rédiger ce billet de lecture. Le temps passe, et je ne sais toujours pas comment vous parler de ce livre. Tant pis, je me jette à l'eau malgré tout. Je vais livrer les idées comme elles me viennent, simplement essayer de vous exprimer ce que j'ai ressenti durant ma lecture.
Déjà, il faut que je vous dise que la culture asiatique ne m'attire pas beaucoup, et encore moins sa littérature. Mais, paradoxalement, je suis assez fascinée par des aspects essentiels de la culture japonaise (le zen, la cérémonie du thé, les samouraïs...) qui reposent sur un esprit maîtrisé, en harmonie avec le corps. Le roman initiatique de Yasushi Inoué m'était donc tout désigné, et je partais avec un a priori positif, peut-être trop d'ailleurs...
Je m'attendais à retrouver l'atmosphère des sublimes film d'Akira Kurosawa où le temps est ralenti, la nature magnifiée, chaque chose, chaque être se trouve à la bonne place, dans un juste équilibre fragile et beau à la fois.
Bien que n'étant pas une buveuse et connaisseuse de thé, j'aime les objets qui s'y rapportent, la couleur de ce breuvage... J'espérais en lisant Le maître de thé en savoir davantage sur la fameuse cérémonie du thé, éclairer ma compréhension de cette philosophie du thé.
Vous l'aurez compris, j'avais donc des envies et des attentes en ouvrant ce livre. Malheureusement, elles n'ont pas été satisfaites.
Pour ceux qui ne l'ont pas lu, je resitue l'histoire et le contexte : à la fin du XVIème siècle au Japon, le célèbre maître de thé Rikyu se fait seppuku sur l'ordre, semble-t-il, d'Hideyoshi, le conseiller de l'empereur, homme puissant et influent.
Honkakubo, disciple de Rikyu, s'interroge bien après la mort de son maître, sur les raisons de ce suicide inexpliqué... Le semblant d'enquête qu'il mène auprès des proches de Rikyu qui sont encore en vie, n'est en réalité qu'un prétexte, puisque la véritable motivation de ce roman est de proposer une vision et une réflexion sur la voie du thé (du moins c'est ainsi que je l'ai compris, si toutefois j'ai compris quelque chose...). L'histoire, fictive, n'en est pas moins basée sur des faits et personnages réels, et le fond historique et politique du roman est très riche.
L'introduction étant faite, j'aurais envie de vous dire que pour qui n'est pas passionné par le thé ou l'histoire du Japon, mieux vaut passer son chemin et laisser ce livre sagement fermé, et ce serait sans doute réducteur, mais c'est ce que j'ai ressenti.
Et pourtant, concernant la cérémonie du thé, je suis restée sur ma faim. J'aurais aimé plus de détails dans la description du rituel (les ustentiles, les récipients, les tenues, l'agencement de la salle, etc.). Yasushi Inoué parle de tout cela, mais de façon suggestive plutôt que descriptive, et au final, il m'a été impossible de me faire une image précise de cette cérémonie. C'est la critique principale que je ferai de ce texte, le manque de profondeur (entendons-nous bien, je ne parle pas du fond, mais de la forme). Les personnages et les relations qu'ils tissent entre eux sont également très flous, aucun dialogue n'est abouti, là encore on est dans la suggestion, et à la longue ça m'a vraiment lassée.
Je suis profondément navrée de le dire, mais Le maître de thé est une grande déception pour moi. Connu mondialement comme un chef d'oeuvre, ce roman m'a ennuyée, n'a fait que me donner des envies sans jamais les satisfaire. A cela s'ajoute la langue, et là je m'interroge : est-ce la traduction de l'édition que je possède où le texte original qui est ainsi ? J'ai trouvé le niveau de langue peu soutenu, et le style plutôt banal. L'écriture de certain passages m'a semblé de bien meilleure qualité, mais globalement elle m'a déçue dans l'ensemble.
Voilà, j'ai bien conscience que je vais choquer plus d'un lecteur avec ce billet et que c'est drôlement gonflé de ma part de juger si négativement une oeuvre habituellement portée aux nues, mais cet humble avis n'engage que moi.
Par contre, et c'est la bonne nouvelle, cette lecture m'a donné envie de me plonger dans l'oeuvre d'un autre auteur japonais Yukio Mishima dont j'ai entendu parler de façon très élogieuse.

Portrait de Rikyu par le peintre japonais Tohaku Hasegawa
Pour contrebalancer le mien, les avis, nettement plus positifs, de Lune de pluie et Flo.
Stock (collection Le livre de poche) - 157 pages
Traduction de Tadahiro Oku et Anna Guerineau
07 avril 2008
Dormir
"Ton futur dépend de tes rêves. Ne perds pas de temps, va te coucher."
Coluche


