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Lectures personnelles

05 mai 2008

Une plume... Joëlle Tiano

A la fin de l'année dernière, j'avais découvert et adoré L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson. Ce livre a d'ailleurs été un coup de coeur pour de nombreux lecteurs.
L'auteur a accepté de me parler un peu de son écriture, et j'ai grand plaisir à partager avec vous ses mots.

Encore merci à Joëlle Tiano, qui je l'espère, nous enchantera encore avec d'autres gourmandises, et à Moustafette qui m'a aidée à la contacter.

L'enchanteur et illustrissime gâteau café café d'Irina Sasson

Avec quoi, comment, et quand écrivez-vous ?

A propos de mes habitudes (qui changeront peut-être) : j’écris d’abord au crayon à papier sur des feuilles volantes (ça a un caractère moins définitif et j’écris dans le désordre en suivant l’envie du moment, car suivre un ordre m’enlève de mon plaisir), puis au stylo sur un cahier, et enfin au clavier. Je crois que chacun apporte une forme de liberté différente.
J’écris un peu n’importe où et n’importe comment. Il est vrai que la nuit est propice à une forme d’inspiration, mais le matin permet de construire, d’ordonner.

J’ai à peu près terminé un autre texte dans lequel il est question d’un tableau, d’un portrait de femme. J’avais un autre roman en tête lorsque quelque chose de la réalité est venu me bousculer et me lancer sur ce chemin.
C’est un texte  dont l’agencement est sans doute plus délicat et les écueils à éviter plus nombreux que pour le Gâteau café-café. En ce moment je le laisse dormir pour le reprendre avec un oeil plus frais.

Comment l’idée est-elle venue d’organiser votre roman autour d’une recette de cuisine, pouvez-vous m’en dire un peu plus à son sujet ?

[...] Pour en revenir au Gâteau café-café et à ce qui m’a donné envie d’organiser ce livre autour de cette recette, il y a sans doute le fait que j’aime beaucoup cuisiner, même si je cuisine moins aujourd’hui. Que j’ai beaucoup lu de  livres de cuisine. Que j’étais fascinée petite par le détachement avec lequel les vendeuses des pâtisseries débitaient la description des gâteaux sur lesquels on les questionnait, nous, l’eau à la bouche.  Et depuis toujours, depuis ma petite enfance, comme beaucoup, j’ai aimé regardé cuisiner. Il y avait aussi l’idée de la centralité de la cuisine dans la vie de femmes dont l’horizon était souvent réduit (la chanson de Jean Ferrat “faut-il pleurer faut-il en rire, fait-elle envie ou bien pitié...”), cette idée que quoi qu’il arrive, revenait ce souci de ce qu’on déposait sur la table. Je me suis imaginé que le 14 juillet 1789, un homme pouvait lancer à sa femme : Viens Julie, on va prendre la Bastille. Et elle répondre : D’accord mais je mets d’abord ma soupe poireaux-pommes de terre en train...
Non, personne dans ma famille ne faisait de gâteau avec les thé-Brun, mais je connaissais une dame qui se vantait beaucoup de celui qu’elle faisait (à la vanille) et que je n’ai jamais goûté.  Dans les années 50 ça se faisait beaucoup, c’était un peu ce qu’on appelait un gâteau des familles parce que facile à faire puisqu’il ne cuisait pas. Mais j’ai utilisé dans le livre la recette de la crème au beurre  que ma grand-mère faisait pour sa charlotte au café (avec des biscuits à la cuillère punchés d’un sirop au rhum)...
Enfin la cuisine, la gourmandise, représentent sûrement pour moi le seul point d’accord symbolique entre mes familles paternelle et maternelle,  également gourmandes, mais qui s’étaient séparées...

Joëlle Tiano

Et si vous aimez cette belle plume, allez faire un saut chez Stéphanie, vous découvrirez une autre facette de l'auteur qui vous mettra l'eau à la bouche !

Mon billet sur L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson

03 mai 2008

La vengeance du Comte Skarbek (Grzegorz Rosinski - Yves Sente)

Deux mains d'orCôté BD je suis chanceuse ces derniers temps, car je ne fais que de jolies découvertes...
Tombée par hasard sur ces deux volumes à la médiathèque, je les empruntés aussitôt à la seule lecture des noms des auteurs : Grzegorz Rosinski au dessin et Yves Sente au scénario, excusez du peu !
J'avais déjà pu apprécier leur collaboration pour le dernier album en date de la série Thorgal, Moi, Jolan, et c'est donc sans hésitation que j'ai choisi de lire La vengeance du Comte Skarbek.

L'histoire est contée en deux volumes qui se suivent et auraient pu en constituer un seul et unique. Le premier volet s'intitule Deux mains d'or, le second Un coeur de bronze.
L'intrigue se déroule en France dans la première moitié du XIXème siècle. Après onze années d'absence, le Comte Skarbek, polonais, refait surface à Paris. Ce peintre, autrefois connu sous le pseudonyme de Louis Paulus, est revenu en France pour satisfaire une étrange vengeance...
Le scénario de cette bande dessinée, inspirée du roman d'Alexandre Dumas, LeUn coeur de bronze Comte de Monte-Cristo, nous promène entre l'univers de l'art à Paris, et celui de la piraterie dans lequel le Comte Skarbek a passé ses années d'exil. De nombreux clins d'oeils sont faits à des personnages ayant réellement existé, ou au contexte historique, ce qui m'a rappelé, mais dans un genre bien différent, Le bordel des muses.
L'intrigue est intéressante et bien menée ; on va au bout des deux tomes avec l'envie de découvrir la vérité, même si le suspense n'est pas toujours parfaitement maîtrisé.
Le dessin est sublime ; pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, je suis absolument fan du style de Rosinski, et ces deux albums m'ont, une fois de plus, émerveillée. J'ai fait une pause sur chaque vignette et mes yeux ont brillé plus d'une fois !
Deux grands monsieurs réunis autour de cette belle histoire de vengeance ; à lire, bien évidemment !

Et si vous souhaitez en savoir davantage, je ne peux que vous conseiller de faire une petite promenade sur le site officiel, où vous pourrez notamment découvrir les premières pages de chaque album, de quoi achever de vous convaincre, si je n'ai pas été moi-même assez persuasive !

Dargaux - 56 pages pour chacun des albums

30 avril 2008

Pierre et le loup (Serge Prokofiev - Gérard Philipe - Marcel Tillard)

Pierre et le loupCoup de coeurJ'inaugure aujourd'hui une nouvelle catégorie , Livres audio, qui accueillera sans-doute moins de billets de lecture que les autres catégories mais que je voulais distincte car il ne s'agit pas seulement de livres, mais également de CD...

Lorsque j'étais enfant, j'ai eu un disque vinyle de Pierre et le loup que j'adorais et que j'ai du écouter des dizaines et des dizaines de fois. A l'époque, déjà, la voix de Gérard Philippe me captivait.
Quelle joie de découvrir que le vinyle que je possédais avait été édité sous la forme d'un livre-CD !
Et donc, une fois de plus, je reproduis l'histoire, en faisant découvrir à mon fils une partie de mon enfance...

Pierre et le loup est un conte musical écrit et composé par Serge Prokofiev. Le récit est entrecoupé de morceaux de musique qui font en quelque sorte office d'illustration sonore.
Le propos de cette oeuvre est de faire découvrir des instruments aux jeunes enfants. Ainsi, chaque personnage de l'histoire (Pierre, l'oiseau, le canard, le loup, le chat, le grand-père et les chasseurs) est représenté musicalement parlant par un instrument ou groupe d'instruments. C'est donc une excellente gymnastique de l'oreille pour l'enfant qui doit identifier le personnage en fonction de la musique qu'il entend.
Le support est une histoire simple et naïve, mais donc le texte est absolument transcendé par Gérard Philipe qui est le récitant pour la version que je possède. Je ne peux m'empêcher ici de dire combien son talent d'acteur était extraordinaire, et sa diction si envoutante (en plus de la voix, on peu, cerise sur le gâteau, retrouver à la fin de l'album quelques photos de lui prises lors de l'enregistrement effectué le 9 octobre 1956).
L'album est illustré par Marcel Tillard dont les dessins au style enfantin son plutôt agréables à regarder.
Enfin, la musique est interprétée par L'orchestre symphonique de l'URSS.

Cet album-CD est un chef d'oeuvre, et j'en veux pour preuve l'extrême concentration de mon petit matelot, qui pendant toute la durée de l'écoute (et malgré des passages musicaux parfois longs avant que le récit ne reprenne), n'a pas bronché, les yeux écarquillés et les oreilles aux aguets.

Si vous voulez familiariser un enfant avec la musique classique, n'hésitez pas, c'est l'album qu'il vous faut ! (mais ce petit bijou ravira aussi les oreilles des plus grands)

Toute ma vénération reconnaissance à ce grand monsieur qu'était Gérard Philipe, pour la façon dont il incarne ce texte.

Et pour le plaisir, une vidéo datant de 1958, dans laquelle il répond aux questions d'une journaliste à propos de son rôle (Octave) dans la pièce d'Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne.

Pour en savoir davantage à propos de Pierre et le loup, un article de Wikipédia fort intéressant.

Le chant du monde

Un conte musical de Serge Prokofiev raconté par Gérard Philipe
Orchestre symphonique de l'URSS sous la direction de G. Rojdestvenski
   

26 avril 2008

Un pinceau... Cathy Delanssay

Je sais, je sais, vous allez me dire "encore elle ! ", mais j'aime tellement les dessins de Cathy Delanssay que j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur son travail d'illustratrice...

Cathy, merci encore pour ces réponses, et merci de nous faire rêver en images !

CathyDelanssay


Quelle(s) technique(s) utilisez-vous pour vos illustrations ?

Je travaille essentiellement sur carton bois au crayon, puis gouache et acrylique ainsi que crayons de couleurs. Mais j'utilise aussi fréquemment Photoshop pour des commandes comme celles de la presse qui demandent un rendu assez rapide.

Quand dessinez-vous ?
Je dessine toute la journée (sauf le matin^^) mais en général, je suis plus créative la nuit, le soir...

Comment dessinez-vous ?
Chez moi, uniquement ! Impossible ailleurs, ou alors il faudrait que je sois seule ailleurs et en "cocon". J'ai aussi besoin de musique pour dessiner, et celle-ci varie selon ce que j'ai à faire. Par exemple, pour "La gardienne des océans", j'ai replongé dans The Cure avec des morceaux assez sombres... oui je suis un peu maso, mais ça inspire, c'est comme ça...

Comment se fait l'illustration d'un texte, son découpage en images ?
J'ai la chance d'avoir une grande liberté dans le choix de mes illustrations. Un nombre de pages peut-être imposé (c'est le cas pour la presse), mais bien entendu, il sera surtout défini par la taille du texte et le découpage, ce qui est un long travail...mais passionnant !

Cathy Delanssay

Pour prolonger un peu le rêve : son blog, son site, et sa boutique !

Je vous renvoie également aux billets que je lui ai consacrés (click sur les images) :

       A l'orée des fées Mieux que dix fées Le murmure des dieux Donne moi la lune

24 avril 2008

Corps-mort à l'île de Batz (Serge Le Gall)

Corps-mort à l'île de BatzVoici un polar que j'avais acheté lors d'un séjour en Bretagne, essentiellement pour son titre (au passage, j'aime beaucoup le jeu de mots !) puisque je ne connais pas l'auteur. J'aime particulièrement me rendre à l'île de Batz, aussi, Corps-mort à l'île de Batz ne pouvait qu'attiser ma curiosité !

Le commissaire Landowski, venu s'installer à l'île de Batz sous couverture d'un problème de santé nécessitant séances de rééducation et bains d'eau de mer, vient enquêter dans la région au sujet d'un important réseau de drogue.
Mais à peine est-il arrivé, qu'une belle jeune femme, Suleya, est mystérieusement assassinée...

Ce roman, qui a le mérite de se lire vite, ne laissera malheureusement pas d'empreinte indélébile dans ma mémoire de lectrice. L'écriture est agréable, mais côté intrigue je suis restée sur ma faim. Pas de suspense qui tienne en haleine, une histoire très très légère avec peu de personnages (ce qui réduit de suite le champ des possibles pour la désignation du meurtrier), et une fin qui ne réhausse pas vraiment l'ensemble.

Le tout se laisse lire plutôt facilement, mais s'oublie aussi vite la dernière page tournée, enfin c'est mon mon humble point de vue personnel.

Moralité : ne pas choisir un livre pour son titre !!

A noter que d'autres enquêtes du commissaire Landowski ont été publiées.
A noter aussi, que, avant de se lancer dans le polar, l'auteur a écrit des ouvrages retraçant la vie quotidienne dans le Sud-Finistère au début du XXème siècle.

Alain Bargain (collection Enquêtes et suspense) - 207 pages

23 avril 2008

L'Afrique au Canada

petit messagerpetit messagerEt oui, le Canada s'est mis aux couleurs de l'Afrique avec Karine qui m'a concocté un colis à tomber par terre pour le swap Afrilire !

Ledit colis regorgeait de surprises et j'ai pris beaucoup de plaisir à arracher les emballages tellement j'étais excitée en découvrir le contenu !

Chaque paquet était accompagné d'une petite note explicative, portée par un petit messager coloré (il semble que Karine aime particulièrement les bébêtes-stickers car elle en a collé partout ;-) ).

Contenu du colis avant déballage

Oserais-je vous dire tout ce que j'ai reçu ? Mais oui, j'ose !

Côté lecture d'abord, quatre ouvrages m'attendaient (les trois premiers correspondent aux souhaits que j'avais formulés dans le questionnaire, et le dernier a été judicieusement choisi par Karine puisque j'ai une véritable histoire d'amour avec le Maroc et que je n'ai jamais rien lu de cet auteur) :petit messager

- Une saison blanche et sèche d'André Brink
- Cette aveugle absence de lumière de Tahar Ben Jelloun
- Le tome 1 des Milles et unes nuits
- Le dernier ami de Tahar Ben Jelloun

petit messagerDéjà à ce stade, vous vous dites que j'ai été gâtée, mais ce n'est pas terminé !

Un CD, compilation de musique africaine, était également présent dans le colis, et je me suis empressée de l'écouter. Il rassemble différents artistes africains comme Angélique Kidjo, Youssou N'Dour, ou encore Ali Farka Toure, bref, que des grandes pointures de la musique africaine, pour mon plus grand plaisir.

Et pour accompagner le CD, enveloppé dans un joli papier doré, un mini djembé, absolument adorable, et qui décore maintenant une étagère dans ma chambre !

Si j'en crois l'un de ses petits mots explicatifs, Karine déplorait de ne pas avoir trouvé de marque-page sur le thème de l'Afrique, et du coup elle m'en a fait un elle-même sur le thème du Roi lion et ajouté trois superbes cartes, dont deux vierges, pour, me dit-elle, les utiliser en marque-page. Impossible ! Je n'oserai les utiliser de la sorte, trop peur de les abîmer ! Aussi elles iront probablement rejoindre des copines qui ornent le placard du bureau du quel je rédige ce billet.petit messager

J'ai été outrageusement gâtée, hein ?! Oui, oui, c'est vrai.... Mais je ne vous ai pas tout dit ! Car il y avait dans ce merveilleux paquet une incroyable surprise, un peu comme la cerise sur le gâteau...

petit messagerIl se trouve que je fais la collection de tajines miniatures, collection entamée à l'adolescence lorsque je vivais au Maroc, et qui m'a accompagnée depuis à chacun de mes nombreux déménagements. Ces tajines, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux ; d'abord parce qu'ils sont jolis comme tout, mais aussi pour la période de ma vie à laquelle ils renvoient, leur valeur sentimentale. J'avais mentionné cette collection dans le questionnaire du swap car elle colle parfaitement avec le thème, mais c'était davantage à titre informatif... loin de moi l'idée que ma swapeuse allait en trouver un ! Et bien Karine est une superwoman, car non seulement elle en a trouvé un, mais en plus il est magnifique. Il a bien entendu rejoint ses copains... après avoir été pris en photo.

Contenu du colis après déballage

Karine, encore une fois, un immense MERCI, tu as ensoleillé ma journée.
Le soin que tu as mis à préparer ton colis, ton souci du détail, tes nombreux clins d'oeil et ta bonne humeur m'ont énormément touchée.

22 avril 2008

Comptines de la mer et du vent (Corinne Albaut - Catherine Fichaux))

Comptines de la mer et du ventJe ne suis pas très comptines, mais je me soigne...
Avec deux petits matelots à la maison, je me devais d'offrir au plus grand ce recueil dont le thème lui est déjà familier.

Contre toute attente, j'ai été séduite. C'est bien simple, j'aime tout dans ce livret !
Le format et la qualité du papier propres à cette collection, les magnifiques illustrations de Catherine Fichaux, les mots de Corinne Albaut, et bien entendu, le thème du recueil.

Petite parenthèse pour ceux qui l'ignorent, Actes sud junior propose dans la collection Les petits bonheurs des recueils de comptines chaque fois regroupées autour d'un thème donné (à noter que Corinne Albaut a écrit la grande majorité des comptines publiées dans cette collection). Pour connaître leurs autres titres, je vous renvoie ici (site de l'éditeur).

Comptines de la mer et du vent est, comme ses frères et soeurs, un petit bijou.
Un peu moins de trente comptines pour traiter de tout (ou presque) ce qui a un rapport avec la mer et le vent. Des Sirènes aux Pirates et corsaires, des Marées à La corne de brume, de L'horizon à La houle... l'auteur nous fait voyager en mots poétiques et légers comme des bulles d'eau. Une jolie mélodie servie par des illustrations toutes plus belles les unes que les autres, bref, une parfaite alchimie pour nous faire rêver et réveiller notre âme d'enfant, si toutefois elle s'était endormie !

Pour le plaisir, un extrait avec l'aimable autorisation de l'auteur :

comptinesdelameretduventextrait

Le site de l'auteur

Actes sud junior (Les petits bonheurs) - 61 pages

20 avril 2008

Larmes de fées T1 - La mélopée des Abers (François Debois - Mika)

La mélopée des abersIl y a quelques temps, je vous parlais de ma découverte de la collection Soleil celtic avec l'album Le sang de la sirène.
Si mon avis était mitigé à sa lecture, cette fois il est plus tranché avec La mélopée des abers.

Il s'agit du premier tome de la série Larmes de fées (je ne sais pas combien d'albums sont prévus). C'est le même scénariste - François Debois - que pour Le sang de la sirène, mais le dessinateur change, il s'agit de Mika.

L'histoire : fin XIXème siècle, un navire fait naufrage en mer d'Iroise. A bord se trouve Erwan. Dans l'épave échouée du bateau, Gwenn, sa femme, retrouve son journal de bord qui révèle un secret de marins...

J'ai pris un grand plaisir à lire cet album dont j'ai trouvé le scénario intéressant et les dessins très beaux. Contrairement au Sang de la sirène, album plutôt réaliste dans lequel la légende n'était que suggérée et rapportée, La mélopée des abers est un album fantastique. On y rencontre, entre autre, des Korrigans, petits êtres sympathiques dont j'ai apprécié la compagnie. Malgré leur présence, le ton de l'histoire est plutôt grave, et j'ai d'ailleurs trouvé admirable le travail de mise en couleurs de Cyril Vincent, qui contribue énormément à cette ambiance à la fois sombre et poétique. J'ai vite été absorbée par l'histoire et je suis curieuse de découvrir le prochain tome, qui doit paraître bientôt.

Une découverte prometteuse...

Le blog du scénariste, François Debois.

Soleil production (collection Soleil celtic) - 47 pages
François Debois (scénario), Mika (Dessin), Cyril Vincent (couleurs)

17 avril 2008

Un mois... un auteur... Karen Blixen

Karen BlixenJ'ai choisi ce mois-ci de célébrer l'auteur danoise Karen Blixen. On m'a offert il y a peu son célèbre roman La ferme africaine que je suis entrain de lire au moment où paraît ce billet, et c'était donc l'occasion de m'intéresser à la vie de l'auteur.
Cette recherche a été passionnante et le destin de cette femme me fascine.

Biographie

Karen Blixen, naît le 17 avril 1885 à Rungstedlund, au Danemark sous le nom de Karen Christentze Dinesen.
Sa mère est la fille d'un riche armateur, son père un ancien officier devenu propriétaire terrien, écrivain et parlementaire.
Son père se suicide alors qu'elle est à peine âgée de dix ans. Elle grandit dans milieu exclusivement féminin, entre sa mère, sa tante et sa grand-mère maternelle. Karen et ses quatre frères et soeurs ne vont pas à l'école, ils sont instruits à domicile par une gouvernante. Très tôt, elle s'intéresse à la peinture - qu'elle étudiera par la suite à l'Académie des Beaux-Arts de Copenhague - et à l'écriture.

En 1907, sont publiés ses premiers écrits - des contes -  sous le pseudonyme d'Osceola dans une revue littéraire.
A la même époque, elle rencontre dans les milieux aristocratiques les frères suédois Blixen-Finecke. Elle tombe amoureuse de Hans, et épousera finalement son jumeau, le baron Bror Blixen-Finecke (qui est également son cousin au second degré) en 1914.
Avec lui, elle s'expatrie au Kenya, où ils cutivent le café dans une ferme près de Nairobi. Sa rencontre avec l'Afrique est un véritable coup de foudre pour l'auteur ; dans son roman La ferme africaine, elle écrira : "Ma rencontre avec les noirs fut pour moi ce que la découverte de l'Amérique fut à Christophe Colomb.". Karen Blixen

Alors qu'ils sont séparés depuis 1921, Karen divorce en 1925 de son mari volage qui lui  a transmis la syphilis ; elle suivra un traitement lourd au mercure jusqu'à la fin de sa vie. Elle reprend alors la plantation de café avec son frère Thomas. Son amant, le pilote anglais Denys Finch Hatton, décède dans un accident d'avion.
En 1931, après plusieurs saisons difficiles, elle vend la ferme, et rentre au Danemark où sa santé décline.
Elle consacre les dernières années de sa vie à l'écriture. Sept contes gothiques paraît pour la première fois en 1934 sous le pseudonyme d'Isak Dinesen (il sera édité l'année d'après au Danemark sous son vrai nom). En 1937, est publié La ferme africaine, roman qui connaîtra un succès mondial (publié en France seulement cinq années plus tard, en 1942) et sera porté à l'écran par Sydney Pollack sous le titre Out of Africa.  Ses derniers ouvrages paraissent entre 1942 et 1960.
Karen Blixen meurt à Rungstedlund le 7 septembre 1962.

Karen Blixen est une figure de proue de la littérature danoise. Elle a publié ses écrits sous trois pseudonymes différents (Osceola, Isak Dinesen et Pierre Andrézel) avant de le faire sous le nom de Karen Blixen. Elle écrit en danois comme en anglais, et se traduit elle-même, permettant à chacune de ses oeuvres de sortir quasiment simultanément dans les deux langues.

Tombe de Karen Blixen

Tombe de Karen Blixen dans son domaine, au Danemark


Bibliographie
(non exhaustive)

- Sept contes gothiques (1934)
- La ferme africaine (1937)
- Contes d'hiver (1942)
- Les derniers contes (1957)
- Ombres sur la prairie (1960)

Si vous souhaitez en savoir davantage sur cette femme incroyable... vous trouverez ici une interview de l'auteur réalisée en 1956 par The Paris review, et des informations concernant les musées Karen Blixen au Danemark et au Kenya.

Sources

- Biographie de Karen Blixen ( Folio, éditions Gallimard - 2007), présent dans le coffret La ferme africaine
- Site de la revue littéraire Europe
- Wikipédia

15 avril 2008

Le magasin des suicides (Jean Teulé)

Le magasin des suicidesDans la famille Tuvache, on est dans le suicide de père en fils. Le magasin des suicides propose à celles et ceux qui veulent en finir avec la vie un large choix de produits pour réaliser leur voeu. Vous voulez mourir en samouraï ? Le lot tanto-kimono est pour vous ! Vous avez l'âme d'un artiste ? Vous pourrez réaliser une nature morte (le kit contient tout le nécessaire de peinture) d'une pomme empoisonnée  avant de la croquer ! Vous préférez un mode plus classique comme la pendaison ? Choisissez alors une corde en chanvre, solidité garantie, impossible de se rater ! Et lorsque vous aurez fait votre achat et que vous vous en retournerez chez vous, prêt à commettre l'irréparable, on ne vous dira pas "au revoir", mais "adieu" ; le service est professionnel jusqu'au bout !
Seulement, il y a comme un os dans cette histoire de famille... Alan, le petit dernier, a une fâcheuse tendance à la gaieté. Et quelqu'un qui aime la vie dans un magasin pour le suicide, ça fait désordre...

Ce court roman, vous l'aurez compris, est un concentré d'humour noir, sur un thème plutôt délicat. Je dois dire que le pari de faire rire n'était pas gagné d'avance, mais Jean Teulé y est parvenu avec brio. Etant particulièrement sensible sur ce sujet, je peux vous dire que j'ai pourtant dévoré le roman d'une traite, avec le sourire aux lèvres, et que pas un seul instant ma pensée n'a viré au sombre. L'humour est très fin, et en même temps le fond de l'histoire suffisemment déjanté pour que l'on parvienne à se détacher complètement de la réalité et que l'on se laisse embarquer dans ce récit jubilatoire.
J'ai trouvé cette lecture fort plaisante, et j'ai énormément apprécié l'humour que l'on retrouve jusque dans les différents noms propres utilisés dans l'histoire (le propriétaire s'appelle Mishima, le magasin est situé boulevard Bérégovoy, etc.).
Ce roman m'a donc réconciliée avec l'auteur puisque je n'avais pu aller au bout de Je, François Villon.
Cependant, je n'ai pas retrouvé dans Le magasin des suicides la qualité d'écriture de Je, François Villon.
Un roman léger et agréable, à lire pour se divertir.

Un grand merci à Joël de me l'avoir prêté.

Les avis d'Arsenik, Cathulu, Emeraude, Flo et Tamara.

Julliard - 157 pages 

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